Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

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Soirée sur la Syrie mercredi 7 novembre avec Omar Youssef Souleimane PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 30 Octobre 2018 09:04

Rencontre avec Omar Youssef Souleimane

Lectures accompagnées au oud par Hassan Abd Alrahman

Témoignage et échange avec le public

soirée organisée par Alwane au profit de ses actions en Syrie

Mercredi 7 novembre à 20h30 à la Maison des Passages,

44 rue Saint Georges 69005 Lyon, métro Vieux Lyon

Buffet syrien à partir de 19h30 réservation conseillée: www.alwane.org

A propos de l'invité: Journaliste, poète et romancier d’origine syrienne, Omar Youssef Souleimane a participé aux manifestations pacifiques dès mars 2011 à Damas puis à Homs. Recherché par les services des renseignements syriens, il est entré dans la clandestinité  et est parvenu à quitter la Syrie. Élevé durant son adolescence en Arabie saoudite par des parents salafistes, cet athée militant a rompu avec son pays, sa famille et sa religion. Il vit à présent en France où plusieurs recueils de ses poèmes ont été publiés. Son poème « Je ne suis plus personne » a fait l’objet d’un film et son récent livre "Le petit terroriste" a été édité chez Flammarion en janvier 2018. Depuis 2013, il a été l’invité de nombreux événements poétiques et plusieurs émissions lui ont été consacrées (28’ Arte- Hors Champ Laure Adler, France-Inter -Matinale culturelle Vincent Josse, France Musique…)

A propos de la Biennale, dont cette soirée fait partie: « Du 5 au 30 novembre 2018, la Biennale « TRACES, Histoire, Mémoires et Actualité des Migrations » vous propose 120 événements (conférences, expositions, projections, spectacles, lectures, visites...) dans toute la Région AUVERGNE-RHÔNE-ALPES afin de questionner les migrations d'hier et d'aujourd'hui. Elle est co-construite par plus de 200 acteurs de la région : bénévoles et professionnels, artistes et chercheurs, collectifs, associations, structures socio-culturelles et des institutions. Le programme complet est disponible sur www.traces-migrations.org » http://traces-migrations.org/2018/09/13/programme-2018/ https://www.facebook.com/traces.migrations/

Face aux dictateurs et aux impérialismes : solidarité avec les peuples du Moyen-Orient

En septembre, l’Iran, la Russie et la Turquie se mettaient d’accord pour établir une zone démilitarisée russo-turque dans la province d’Idlib, considérée comme le dernier bastion de l’insurrection syrienne contre Bachar al-Assad. L’accord, que la France s’est empressée de « saluer », a peut-être permis d’éviter provisoirement un énième bain de sang. Mais...

il n’est de toute évidence, et les propos de Lavrov le confirment, absolument pas un « compromis » pour le régime. En effet, ce n’est pas parce que ce dernier nous a habitués aux pires atrocités que l’annulation (le report ?) de l’offensive sur Idlib doit être interprétée comme un geste de bonne volonté.

 

Il s’agit en réalité, sous l’amicale pression du parrain russe, d’éviter une crise diplomatique régionale, voire internationale, alors qu’il est désormais acquis pour l’ensemble des grandes puissances que le conflit syrien sera « réglé » aux conditions de Poutine, c’est-à-dire avec maintien du régime Assad.  Un régime dont l’un des dignes représentants, le responsable des services de renseignement de l’armée de l’air Jamil al-Hassan, déclarait pas plus tard que cet été, lors d’une réunion devant plusieurs dizaines d’officiers, ce qui suit : « Une Syrie avec 10 millions de personnes fiables, obéissant envers ses dirigeants est mieux qu’une Syrie avec 30 millions de vandales. […] Après huit ans, la Syrie n’acceptera pas la présence de cellules cancéreuses, celles-ci seront entièrement extirpées. » Le 25 septembre, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, déclarait quant à lui : « Tout comme nous avons vaincu partout ailleurs en Syrie, nous serons là aussi victorieux. Le message est très clair pour tous ceux que cela concerne : nous irons à Idlib, que ce soit par la guerre ou par des moyens pacifiques. » Autant dire qu’à long, voire à moyen terme, rien n’est réglé.

Reconstruire une solidarité internationale

Il suffit en effet de prendre un peu de recul et de regarder le reste de la région pour se rendre compte que ceux qui veulent (faire) croire à un possible retour à la stabilité par la force brute se trompent lourdement, et font preuve d’un coupable et criminel mépris à l’égard des peuples de la région. Les ingérences étrangères, le renforcement des autoritarismes et le climat de guerre froide entre l’Iran et l’Arabie saoudite sont en effet des symptômes d’un approfondissement de la crise régionale ouverte par les soulèvements de l’hiver 2010-2011.

En Turquie, le nationalisme autoritaire d’Erdogan ne réussit pas à masquer les fortes contradictions sociales qui fragilisent le régime, dont l’exemple le plus récent est la grève des ouvriers du chantier du 3e aéroport d’Istanbul et la solidarité dont ils bénéficient face à la répression féroce du régime. Qui plus est, et ce malgré la terrible offensive turque contre Afrin en janvier dernier, les forces kurdes du Rojava continuent d’être un élément de déstabilisation pour les plans d’Erdogan et de ses alliés.  En Irak, pays ravagé par l’invasion de 2003, la guerre civile qui s’en est suivie et l’incurie d’autorités corrompues et jouant la carte confessionnelle, des mobilisations d’ampleur se sont développées, à l’exemple de Bassorah où des manifestations de masse contre la pauvreté et pour la répartition des richesses ont récemment dégénéré en émeutes, incluant l’incendie du consulat d’Iran, pourtant considéré comme le « maître du jeu » en Irak.

Du côté du Yémen enfin, la guerre sanglante menée par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui a conduit à une catastrophe humanitaire sans précédent, fait figure d’exemple tragique de l’incapacité des puissances régionales à reprendre le contrôle d’une situation qui leur échappe, de facto, depuis 2010-2011.  Le tableau est sombre, mais cela ne doit en rien entamer, bien au contraire, notre détermination internationaliste. En Syrie comme ailleurs, les facteurs qui ont entraîné les soulèvements de 2010-2011 sont toujours présents et, s’il ne s’agit pas de verser dans une vision mécaniste qui voudrait que les mêmes causes débouchent toujours sur les mêmes effets, nul doute que les peuples de la région n’ont pas dit leur dernier mot.

Et une chose est certaine : la solidarité internationale, même si elle n’est pas forcément à la mode, y compris à gauche, est l’une des urgences de l’heure, a fortiori dans un pays impérialiste comme la France, dont les responsabilités sont immenses, entre autres et notamment en raison de son rôle de pourvoyeur en armement de tous les bouchers de la région, au premier rang desquels l’Arabie saoudite qui mène sa sale guerre au Yémen au moyen d’armes et de technologies made in France.

Mise à jour le Dimanche, 11 Novembre 2018 19:22