Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

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Projection débat de "POUR SAMA", sur la guerre en Syrie, mardi 22 octobre PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 20 Octobre 2019 19:03

"POUR SAMA", Oeil d'or du meilleur documentaire au Festival de Cannes 2019 fait sa Sortie nationale
Projection-débat en partenariat avec ALWANE,  association de secours aux enfants syriens
Mardi 22 octobre à 18h45 au Cinéma Lumière-Bellecour à Lyon
Intervenants : Dr Jean-Baptiste Richardier, co-fondateur de Handicap International, membre d'honneur d'Alwane et Hala Rajab, jeune cinéaste syrienne
Synopsis : Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays.
+ d’infos sur https://www.kmbofilms.com/pour-sama

critique parue dans l’Anticapitaliste, l’hebdo du NPA : abonnez-vous !

À voir : Pour Sama, de Waad al-Kateab et Edward Watts

Le 9 octobre est sorti en salle ce documentaire réalisé par Waad al-Kateab, qui montre de l’intérieur la vie et la lutte à Alep depuis le début de la révolution syrienne, en 2011, jusqu’à la reprise de la ville en 2016 par le régime. La jeune femme dédie ce film à sa fille, Sama, née en 2016, sous les bombes. C’est un documentaire qui ressemble à un journal filmé où elle s’adresse à sa fille, lui racontant ce qu’ils et elles ont vécu. Elle veut que ce soit un témoignage poignant, pour ne pas oublier, pour que sa fille puisse savoir et voir un jour d’où elle vient, où elle est née, dans quelles conditions et pourquoi.

Dans l’enfer d’Alep

Au-delà du film-témoin personnel, Pour Sama est un puissant manifeste anti-régime Assad et une dénonciation des dirigeants internationaux qui ont laissé faire, voire participé au désastre...

Waad filme sans relâche : son mari, médecin, engagé dans la révolution syrienne, ainsi que leurs amiEs, médecins, infirmierEs, soignantEs, qui ont créé un hôpital. Pendant quatre ans ils combattront, portés par le souffle de la révolution et les idéaux de liberté, sauvant les vies humaines au risque de leur propre vie. Ses images tournées au cœur d’Alep, assiégée par les troupes gouvernementales, montrent la vie de plus en plus terrible des populations civiles sous la violence des bombardements russes ciblés pour faire le plus de victimes possible et briser le moral des rebelles. On voit très bien dans le film que Bachar al-Assad et ses alliés ne mènent pas la guerre à Alep contre Daech, (vaincu par les habitants d’Alep Est organisés en comités et coordinations) mais contre la population rebelle, qui a commencé la révolution et que le régime veut écraser par tous les moyens.
La jeune femme a emmagasiné des centaines d’heures d’images, elle a filmé le bruit des bombes, la peur, l’hôpital de fortune, les blessés, les victimes, les amis partis, la naissance de sa fille, le courage de rester, l’espoir, l’entraide… Le documentariste Edward Watts a fait un très beau travail de montage, et le film est de très grande qualité.

 

Un outil militant

Mais surtout, Pour Sama est un poignant regard humain sur des héros, des héroïnes, qui se sont battus pour la liberté, le pouvoir rendu au peuple et qui, malgré leur courage inouï, ont été balayés sans pitié par un régime qui les a massacrés pendant que la communauté internationale regardait, sans rien faire.
Waad al-Kateab, qui a reçu le prix du meilleur documentaire à Cannes, veut faire de ce film un outil militant pour la cause du peuple syrien, pour qu’on n’oublie pas les idéaux de la révolution qui ont animé la population ­syrienne, pour dénoncer les crimes de Bachar al-Assad et de ses alliés qui continuent à bombarder et massacrer aujourd’hui, ce qui reste de résistance, comme à Idlib. Avec une obstination sans limite elle se déplace partout, parle lors d’avant-premières, anime des débats. N’hésitez pas à la faire venir dans vos villes ! Pour reprendre les mots de Jean-Pierre Filiu, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, il faut saluer « la force de l’engagement et la solidité des convictions » de cette jeune femme de 29 ans.


Mise à jour le Lundi, 28 Octobre 2019 05:59