Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

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Déconfinons nos colères : mini manifs à Lyon le 1er mai PDF Imprimer Envoyer
Service public
Vendredi, 01 Mai 2020 13:33
Relayé par des Gilets jaunes, un appel à manif s’est transmis pour 11h à la Croix Rousse, à Villeurbanne et à la Guillotière.

Dans le 7ème, parties de devant l’hôpital St Joseph, une centaine de personnes sont passées rue Chevreul puis avenue J. Jaurès . Avec pancartes et banderoles, sous les applaudissements des fenêtres, aux cris de « du fric, du fric, pour l’hôpital public » et d’autres slogans. Jusqu’au métro Saxe Gambetta , où la police a dissous la manif.

Le tract du NPA : Le 1er mai et après, déconfinons nos colères, prenons nos affaires en main !

 

L’incohérence sanitaire, c’est tout ce qu’il faudra retenir du plan de déconfinement présenté mardi après-midi par le Premier ministre...

à l’Assemblée nationale. Bien malin qui aura compris dans ce flou constant, ce fatras de dates et d’exceptions, la logique de santé publique qui prévaut. Le gouvernement se précipite, mais ne prend aucune des mesures réellement nécessaires pour contenir l'épidémie : des moyens humains et financiers à la hauteur pour les hôpitaux, l'arrêt des productions non essentielles, la protection des travailleur/ses…

 

Relancer à tout prix la machine à profits

Ce pouvoir veut donner l’impression qu’ils se soucient de notre santé, et Édouard Philippe a annoncé la « distribution » de millions de masques pour le grand public (sans gratuité bien entendu !) et 700 000 tests par semaine (après le 11 mai !). En réalité, avec cette fin de confinement à marche forcée, sans aucune garantie sanitaire, ils souhaitent avant tout répondre aux exigences du Medef.

« Nous sentons que l'arrêt prolongé de la production de pans entiers de notre économie (...) présenterait pour le pays (...) un risque de l'écroulement » : l’objectif réel est bien de relancer la production et la consommation, bref les profits et l’exploitation, à l’image de ces milliards débloqués pour les grandes entreprises depuis le début de la crise. Par contre, on attend toujours des mesures de solidarité économique de cette ampleur pour celles et ceux qui en auraient réellement besoin.

Des paroles et pas d’actes

Les belles paroles n’engagent pas à grand-chose. Qu’est devenu par exemple ce fameux plan d’investissement en faveur des hôpitaux annoncé par Macron à Mulhouse il y a plusieurs semaines ? « Protéger, tester, isoler », certes mais pourquoi pas maintenant alors que le virus est là depuis deux mois ? Ce pouvoir n’a rien anticipé et n’a pas les moyens de ses effets d’annonces, alors que l’on a besoin de tests, de lieux pour isoler les malades, d’équipes pour assurer le suivi...

Pour mieux se défausser, le Premier ministre annonce que leur « politique repose (...) sur la responsabilité individuelle et la conscience que chacun doit avoir de ses devoirs à l’égard des autres ». Quel culot de la part d’un pouvoir irresponsable qui a minoré la crise sanitaire qui s’annonçait et se montre depuis plusieurs semaines incapable d’y répondre ! De ce point de vue, la population, qui est majoritairement défavorable à la réouverture des écoles dans ces circonstances, se montre bien plus « responsable » que Macron, Philippe, Véran, Blanquer et cie.

TouTEs ensemble, pour l’urgence sanitaire et sociale

Jamais un mot sur le chômage, les difficultés pour se loger ou se nourrir, la précarité de la vie, en particulier pendant cette crise sanitaire, juste des pressions pour que l’on continue à bosser ou que l’on y retourne, avec pour couronner le tout des attaques contre les libertés publiques : interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes… sauf au travail et dans les écoles ! En réalité, ils n’ont pas d’autre politique que de prolonger leur prétendu « état d’urgence sanitaire » jusqu’à fin juillet (au moins), alors qu’il faudrait un véritable « état d’urgence social » maintenant !

Contre ce gouvernement, c’est autour d’un véritable plan d’urgence sanitaire et sociale qu’il s’agit de se mobiliser, pour un « bouclier sanitaire » avec des tests et des masques gratuits, pour aller vers un déconfinement en toute sécurité, pour ne pas payer les frais de la crise économique de leur système. Sur les réseaux sociaux, les murs de nos quartiers, aux fenêtres et balcons, ou dans la rue en tenant compte des mesures de distanciation physique, ce 1er Mai est une occasion de nous organiser dans cet objectif, une étape dans le déconfinement de nos colères.