Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

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La politique sécuritaire de l’Union Européenne et de ses États tue ! PDF Imprimer Envoyer
Internationalisme
Jeudi, 14 Juillet 2022 21:14

Communiqué du Collectif de soutien aux réfugiés et migrants Lyon-69, dont fait partie le NPA :


"29 morts aux frontières européennes : la politique sécuritaire de l’Union européenne et de ses États tue !


Le 24 juin, des hommes originaires d'Afrique subsaharienne ont tenté de franchir la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Melilla.
La police espagnole a réagi à coup de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Côté marocain, des images filmées par des ONG montrent des militaires frappant au sol des personnes inconscientes. Certaines sont blessées dans leur chute, ou asphyxiées dans la bousculade. Aucun secours n'est intervenu pour tenter de les sauver.

Le bilan provisoire de ce drame, c’est la mort de 27 migrants et 2 dans les rangs des forces publiques et des centaines de blessés.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez a condamné ce qu'il a qualifié d’« assaut (...) violent et organisé de la part de mafias qui se livrent au trafic d'êtres humains contre une ville qui est un territoire espagnol » ; et d’une « attaque contre l'intégrité territoriale de notre pays » !


Le communiqué du 25 juin, de cinq organisations marocaines et espagnoles (Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc-CCSM, Caminando Fronteras, ATTAC CADTM Maroc, Association d’Aide aux Migrants en Situation de Vulnérabilité-Maroc/AMSV, Association Marocaine des Droits Humains/AMDH) cible parfaitement les responsabilités en affirmant que « les 27 morts et les centaines de blessés du côté des migrants comme ceux du côté des forces d’ordre marocaines sont le tragique symbole de politiques européennes d’externalisation des frontières de l’Union européenne (UE), avec la complicité d’un pays du Sud, le Maroc ».
Il précise : « Les campagnes d’arrestations, de ratissages des campements, de déplacements forcés visant les personnes en migration à Nador et sa région étaient annonciatrices de ce drame écrit d’avance. »...
Ce massacre intervient alors qu’E. Macron, qui préside le Conseil européen de janvier à juin 2022, a défini la question de l’immigration comme une priorité. Il prône une augmentation des effectifs de l’Agence Frontex (lesquels doivent déjà atteindre 10 000 personnes d’ici 2027), le renforcement des fichiers de collecte de données et du contrôle des frontières extérieures et des frontières intérieures… Et, en mars, en visite officielle au Maroc, Oliver Varhelyi, le commissaire à l'Élargissement et à la politique européenne de voisinage déclarait « Nous sommes convenus d’intensifier notre coopération (...) dans le domaine de la lutte contre le trafic des migrants, de protection des frontières, des retours et des réadmissions », « nous sommes prêts à participer avec des moyens financiers plus élevés qu’avant ».


Ce massacre est le résultat des politiques d’externalisation des frontières de l’Union européenne et de ses États, des accords bilatéraux (comme celui entre le Maroc et l’Espagne) qui mettent en œuvre cette coopération sécuritaire dans le domaine des migrations. Cette militarisation des frontières conduit à des crimes odieux.
Au moment où un communiqué du Conseil de l’Union Européenne (22 juin) annonce que ce Conseil approuve les premières mesures du « pacte sur la migration et l’asile » qui vont renforcer le « filtrage » aux frontières (« règlement filtrage ») et « le fichage » des exilés (« règlement EURODAC »), plus que jamais nous exigeons :
-    La fin de ces politiques criminelles financées par l’Union européenne, les États (dont la France)
-    L’abrogation de l’accord de coopération en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité, élaboré entre l’Espagne et le Maroc (en vigueur depuis le 30 avril 2022), ainsi que de tous les accords du même type, lesquels ancrent les migrations dans une logique sécuritaire.
Nous condamnons les organisations qui assurent la sous-traitance de ces politiques sécuritaires.
Nous exigeons la liberté de circulation et d’installation pour toutes les femmes et tous les hommes quelle que soit leur origine, la fermeture des camps et centres de rétention, le droit au travail pour toutes et tous."