Conférence sur ce qu’est devenue la révolution syrienne vendredi 21 juin Imprimer
Dimanche, 16 Juin 2019 22:07

avec Farouk Mardam-Bey (historien, anime les “Dimanches de Souria Houria”)
SOIRÉE / DÉBAT à 19 h00 à la Maison des Passages 44, Rue Saint-Georges, 69005 (M° D Vieux Lyon)
à l’appel du COLLECTIF UNITAIRE LYON-69 AVEC LA RÉVOLUTION POPULAIRE SYRIENNE (CISyLD, Ensemble, NPA, L’insurgé, Union Syndicale Solidaires, Émancipation, UJFP)

Entretien de la revue Contretemps avec Farouk Mardam Bey : Parler encore et toujours de la Syrie…
Farouk Mardam-Bey a publié avec Subhi Hadidi et Ziad Majed Dans la tête de Bachar Al-Assad (éditions Solin/Actes Sud).

ContreTemps : Après sept ans de répression et de guerre, la révolution syrienne apparaît défaite, et le peuple syrien condamné à rester victime d’une tragédie sans fin… Une fois donnée leur part aux larmes et à la colère, comment résister au désespoir ?

Farouk Mardam-Bey : Donnons d’abord leur part, qui devrait être très grande, à la douleur et à la colère. Si la Syrie et les Syriens en sont là, dans cet interminable calvaire, c’est que peu de gens dans le monde, pendant près de huit ans, se sont souciés de leur sort. Ces centaines de milliers de morts, ces dizaines de milliers de disparus, ces millions de réfugiés, ces villes et ces villages ravagés, tout un peuple sacrifié dans le jeu cynique des nations, nous réclament davantage de larmes, et plus encore de colère, et que nous nous efforcions de les faire partager autour de nous. C’est difficile par les temps qui courent, la lassitude ayant gagné les sympathisants de la cause syrienne, mais c’est sans doute le premier moyen de résister au désespoir.
La raison raisonnante nous incite en même temps, tout en reconnaissant sans ambages la défaite de la révolution, à comprendre pourquoi et comment elle a pu être défigurée, trahie et finalement vaincue. Autre moyen de résister au désespoir. Qu’est-ce qui revient aux conditions objectives, à la fois locales, régionales et internationales ? Qu’est-ce qui est dû aux erreurs, aux fautes, aux illusions, et plus profondément à la nature des différentes forces engagées dans le processus révolutionnaire ? Sans oublier le surgissement de l’imprévisible, notamment l’irruption de Daech qui a monopolisé depuis 2013 l’attention des chancelleries, des médias et du grand public.
Cela dit – et ce n’est en rien une consolation mais une donnée fondamentale à prendre en considération dans toute vision stratégique –, la défaite est aussi celle du régime, isolé au sein même de la « société homogénéisée » qu’il s’est vanté d’avoir créée sous l’aile protectrice de l’Iran et de la Russie. Une société incertaine de son avenir qui dépend d’une improbable entente entre les puissances étrangères présentes sous une forme ou une autre sur le terrain, et frappée de stupeur après la bataille en mesurant l’ampleur du désastre…

http://lesdossiers-contretemps.org/2019/01/21/syrie-entretien-avec-farouk-mardam-bey/


Mise à jour le Dimanche, 07 Juillet 2019 15:54