NPA 69

Rafle de livreurs à vélo à Grenoble et dans plusieurs autres villes

13 janvier 2024

Le 29 décembre, plus de 80 personnes se sont retrouvées pour une conférence de presse dans les locaux de la CGT, à la bourse du travail de Grenoble. Nous étions venu.es à l’appel du syndicat CGT des livreurs à vélo. Une vingtaine d’entre eux sont là, encore traumatisés par la rafle dont ils ont été victimes le mercredi 27 décembre à 7 heures du soir. En effet, à Grenoble, les flics ont bouclé la plus grande place du centre ville, la place Victor Hugo, et embarqué une dizaine de livreurs menottés et maintenus en garde-à-vue. Certains emmenés à Lyon. La même opération s’est déroulée à Voiron, Vienne et Bourgoin-Jallieu. Ceux qui sont sortis de garde à vue ont une OQTF et une IRTF.

FR3 et toute la presse locale est présente. Avec l’Union Départementale CGT bien présente, le collectif Migrants Isère, la Cisem, le DAL, la LDH, le NPA, LFI, LO, Ensemble, des élus aussi. Les livreurs parlent avec émotion du traitement qu’ils ont subi, « traités comme des délinquants, ils nous ont menottés », « ils ont emmené nos amis, on ne savait pas où, ils refusaient de répondre à nos questions », « ils ont pris tous nos vélos et nos sacs ». Ils expliquent à tour de rôle leur quotidien, même quand il n’y a pas de rafle, peur des arrestations, des accidents de circulation, les difficultés liées au grand froid et à la neige, la nécessité de travailler beaucoup pour les salaires de misère...

La procureur de la République a justifié cette méprisable opération de police en disant qu’elle s’attaque à la surexploitation des migrantEs. Mais alors, comment se fait-il que ce soient les migrants qui se sont retrouvés menottés et en garde à vue ? Tout ceci pendant que les exploiteurs que sont les plateformes comme Uber-Eats et Delivero sont laissés tranquilles. La police semble même faire leur sale travail. En effet, une partie des interpellés avaient participé à la grève menée par la CGT Livreurs 3 semaines auparavant. Ils sont également toujours actifs dans notre mobilisation contre la loi Darmanin. Ce n’est sans doute pas un hasard, ce sont toujours les militants de la solidarité, dans l’action qui sont visés par le pouvoir.

Darmanin n’attend pas le retour du conseil constitutionnel pour mettre en place sa loi immigration et « pourrir la vie des migrants ». Mais malgré leur peur, ils ont réussi à sortir du silence où le pouvoir voudrait bien les enfermer ! Avec eux nous devons renforcer notre solidarité et notre réaction militante : obtenir des régularisations ne se fera pas sans un mouvement fort de la part des 1er concernés et de leurs soutiens. La loi Darmanin sur le terrain du RN, si elle est promulguée risque bien de multiplier ce type d’interventions.

Pour toutes ces raisons nous devons non seulement être présent dans la rue en janvier, mais sans relâche construire un mouvement large pour l’accueil inconditionnel de touTEs les migrantEs, leur régularisation et l’égalité des droits au travail, à la santé, au logement !