NPA 69

Rassemblement pour changer de politique agricole mardi 30 janvier

27 janvier 2024

dans l’Est lyonnais, à l’appel de la Confédération Paysanne
communiqué du comité lyonnais des Soulèvements De la Terre :
"Le comité lyonnais des Soulèvements De la Terre est solidaire de la mobilisation en cours dans le monde agricole et appelle à rejoindre les mobilisations paysannes dont celle de mardi prochain dans l’est lyonnais organisée par la confédération paysanne Auvergne-Rhône-Alpes.

Face au ras-le-bol agricole, la Confédération paysanne dénonce les conséquences du libéralisme économique et propose une voie de sortie en rupture avec le dogme du libre-échange.
Les mobilisations d’agricultrices et agriculteurs en France et en Europe, sont le symptôme d’une crise profonde de la rémunération et de la reconnaissance des paysan.nes. Cette crise est la conséquence directe des politiques économiques ultralibérales menées depuis plusieurs décennies par l’État et l’Union Européenne, en cogestion avec la FNSEA au niveau national et le COPA-COGECA au niveau européen.
Nous appelons donc dans les jours et semaines à venir à se rendre sur les lieux de blocages, à discuter avec les paysan.nes et à se mettre au service de la lutte. Nous rejoindrons les mobilisations appelées par la Confédération paysanne du Rhône et celle d’Auvergne Rhône-Alpes avec comme mots d’ordre :
✅La sortie des accords de libre-échange
✅Des prix minimums garantis"
plus d’infos à venir...

Le point de vue du NPA :

Oui, il faut changer radicalement de politique agricole !

Depuis une semaine, les mobilisations agricoles gagnent la France alors qu’elles sont déjà très fortes en Allemagne et dans plusieurs pays européens. La détresse est réelle et la colère forte. Dégradations de bâtiments de l’État à Toulouse et Carcassonne, blocages d’autoroutes en Occitanie, barrages filtrants, le mouvement s’étend et prend une ampleur nationale, malgré le drame d’aujourd’hui : une agricultrice tuée, écrasée par un véhicule qui a percuté un barrage routier à Pamiers.

Les barrages de l’A64, en Haute-Garonne, ont trois revendications principales : création d’un fonds d’aide pour les 3500 élevages du sud-ouest touchés par la maladie hémorragique épizootique (MHE) ; mise en place d’une « politique d’irrigation sur le département » pour assurer un partage équitable ; baisse du prix du gazole non routier (GNR), carburant des machines agricoles qui a bondi de 0,70 euro à 1,10, voire 1,20 euro le litre.

La FNSEA, syndicat majoritaire, utilise cette colère pour tenter de faire reculer encore un peu plus les protections environnementales. Comme le gouvernement dont il est l’allié privilégié ou l’extrême droite, la FNSEA incarne un modèle agricole intensif et productiviste, destructeur pour les paysanNes comme pour l’environnement et la santé. L’accaparement des terres par les multinationales, le poids de l’agrobusiness et des centrales d’achat qui tirent les prix d’achat vers le bas, la signature de traités de libre-échange sont les vraies menaces. C’est cette orientation qu’il faut combattre.

Les paysanNes sont aux premières loges pour constater les effets du dérèglement climatique, car ielles en sont les premières victimes : inondations, sécheresse, épuisement des sols et des ressources en eau, prolifération de parasites et de maladies.

Il faut répondre aux revendications des agriculteurs/trices. Cela veut dire changer profondément les politiques publiques agricoles : imposer aux grands groupes des prix plancher et aux banques un moratoire sur les dettes ; favoriser les modèles bio paysans ; développer et soutenir la filière bio. La mise en place de la sécurité sociale alimentaire assurerait une alimentation de qualité pour tous·tes, faciliterait de nouvelles installations, et permettrait une juste rémunération des paysanNes. Une autre agriculture est possible ! Pour cela, il faut rompre avec l’agriculture intensive, productiviste, industrielle, dopée à la chimie.

(Montreuil, le mardi 23 janvier 2024)