Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

Collectifs du Rhône pour un Nouveau Parti Anticapitaliste

Contribution à la construction du nouveau parti anticapitaliste PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 22 Mai 2008 08:47

Par le collectif Lyon Croix Rousse / Presqu’île

 

Préambule

Cette contribution n'est évidement pas exhaustive mais reflète les débats et réflexions que nous avons eues au sein du collectif et les priorités que nous pensons nécessaires de mettre en avant.

Introduction

Il y a urgence. Aujourd’hui, l’extension du capitalisme, le règne du profit et de l’arbitraire n’ont plus de limites. Les espaces de contre pouvoir, de liberté et d’égalité sont menacés. La démocratie elle-même est en danger. Nous ne pouvons plus nous contenter des réformes palliatives au système proposées par la gauche libérale. Il est plus que nécessaire, dans ce contexte, de construire une véritable force de gauche anticapitaliste.

Dans ce sens, la LCR a pris l’initiative d’élargir sa base militante, en prenant le risque de changer de nom et de s’auto dissoudre : malgré ses bons résultats électoraux aux présidentielles et aux municipales, elle a pris conscience de ses limites et de la nécessité de son élargissement. C’est pourquoi nous, militants ou simples citoyens de gauche répondons favorablement à l’appel d’Olivier Besancenot et de la LCR.

Nos priorités politiques

Nous pensons que le programme politique devra faire l’objet d’un débat interne permanent, dès la création du NPA. Il devra puiser dans les expériences et les analyses actuelles qui démontrent que d’autres modèles existent en dehors du modèle libéral-capitaliste dominant. Ce programme devra répondre à trois urgences : démocratiques, sociales et écologiques.

Rénovation démocratique. En termes de priorités, nous pensons que les politiques sociales et écologiques ne peuvent se faire dans le cadre anti-démocratique de la Ve République, de  l’Union Européenne et de l’OMC. La lutte contre le système financier international est donc une priorité économique et démocratique. Les réflexions sur la VIe République, la démocratie sociale, la démocratie participative, etc., sont également indispensables à la mise en œuvre des politiques alternatives. Les membres du collectif Lyon Croix-Rousse/Presqu’île font de la rénovation démocratique une priorité absolue si nous voulons retrouver la confiance du peuple envers la politique et avoir une chance de rétablir un peu de justice dans ce monde. « Ne pas faire un chèque en blanc à nos représentants », « établir un contrôle démocratique du pouvoir », « donner à chacun la possibilité de s’exprimer », « rendre la politique au peuple dépossédé par le pouvoir politico-médiatique », « avoir des représentants à l’image de la société », etc., sont autant de réflexions qui expriment ce besoin urgent de démocratie et de politique.

Ecologie/Social. Nous tenons à souligner que l’écologie peut apporter aujourd’hui des réponses alternatives en matière économique et qu’elle ne saurait être opposée à la question sociale. Au contraire, l’économie sociale et solidaire vient en complément des systèmes de production et de redistribution collectifs (services et entreprises publiques). Contrairement au Parti « socialiste » dans sa théorie du Tiers Secteur - empruntée aux Verts -, nous pensons que le secteur privé capitaliste est incompatible avec la sauvegarde de l’environnement mais qu’en même temps il essaie de récupérer l’écologie en en faisant une source de profit et en faisant payer aux travailleurs, aux classes moyennes et aux pays en développement les nuisances de la pollution qu’il génère.

 

Principes fondateurs du nouveau parti

 

Un parti élargi. Les collectifs et les sympathisants non affiliés à la LCR devront prendre toute leur part à la création du parti. Le NPA a vocation à s’adresser au plus grand nombre. En filigrane, se pose la nécessité d’intégrer tous les courants qui vont rejoindre le NPA (libertaires, marxistes, écolos…). Il faut s’ouvrir aux personnes de gauche qui ne sont pas militants. Nous devons répondre à tous ceux qui ont déserté la politique, aux désillusionnés, aux classes populaires. La légitimité de chacun dans le parti ne doit pas être nécessairement liée à son niveau d’engagement.

Un parti démocratique. Le NPA devra par exemple poser les limites de la délégation et appliquer des principes démocratiques stricts : limite du cumul des mandats, renouvellement des responsables… Nous devrons éviter une trop grande « professionnalisation » de la politique et permettre à chacun de pouvoir participer. Nous devons trouver un mode de fonctionnement adapté qui ne soit ni le centralisme démocratique, ni le fractionnement en tendances.

Une base idéologique rénovée et assumée. Nous devons éviter la surenchère militante vis-à-vis des « concurrents » (PC, PT, LO…), jouer à celui qui sera le plus révolutionnaire, etc. et éviter de tomber dans des débats de militants qui font fuir les non initiés. Le NPA ne doit pas renier l’histoire de la gauche radicale, mais elle doit en tirer les leçons nécessaires et s’inspirer davantage de l’histoire récente (nouvelles pratiques militantes et syndicales, altermondialisme, apport de l’écologie…). Nous devons éviter toute référence idéologique unique et faire plutôt une synthèse des expériences. Enfin, nous devrons être créatifs et construire un discours positif : l’anticapitalisme ne saurait constituer un programme et un mot d’ordre rassembleur à lui tout seul.

Un parti de lutte… Le mouvement social doit être le point d’appui de l’exercice du pouvoir. Il y a un besoin de convergence des luttes pour répondre aux urgences sociales, et offrir des solutions politiques au-delà du seul mouvement syndical qui s’est largement compromis dans une cogestion « sociale-libérale » de l’économie. Néanmoins, si le NPA doit rester un parti de luttes, il ne doit pas avoir la prétention de les diriger.

…mais pas que. L’élection n’est pas une fin en soit, car la démocratie ne se limite pas à celle-ci. En outre, elles créent une dépendance financière. Il faut donc limiter les enjeux de pouvoir sans y renoncer, créer d’autres lieux de pouvoirs, imposer notre calendrier social et politique, en dehors du seul calendrier électoral. Les Présidentielles ne doivent pas dominer la vie du parti, dans la mesure où nous sommes pour une réforme radicale de la Ve République.

 

Conclusion

D’une part, le NPA devra proposer un programme qui apporte des réponses alternatives au modèle capitaliste-libéral dominant. D’autre part, pour s’imposer au plus grand nombre, il devra être différent des autres partis, trouver une nouvelle identité idéologique et avoir un fonctionnement démocratique et respectueux des différents modes d’engagements. Telles sont les conditions nécessaires à rassembler si nous voulons enfin construire une force de gauche radicale, populaire, démocratique et écologique.

Mise à jour le Vendredi, 27 Novembre 2009 15:17